- LaQuotidienne.fr - https://www.ww2.laquotidienne.fr -

La Turquie accueille le plus grand événement mondial consacré à l’espace.

En 1925, le fondateur de la République de Turquie, Mustafa Kemal Atatürk, déclarait déjà : « l’avenir est dans le ciel ». Plus que jamais cette déclaration est d’actualité avec ce congrès et une reconnaissance du monde spatial pour la Turquie qui connaît un regain d’investissement dans le secteur, que ce soit de la part du gouvernement comme de la part des acteurs privés.

Du 5 au 9 octobre 2026 plus de 10 000 professionnels du secteur spatial se retrouveront dans la station balnéaire méditerranéenne d’Antalya à l‘occasion du 77 ème Congrès International d’Astronautique (IAC).

Pour la Turquie c’est un événement qui désormais marque, non seulement sa reconnaissance comme puissance spatiale, mais témoigne aussi de sa politique volontariste en ce domaine.

Comme l’a déclaré Mehmet Fatih Kacir, le ministre de l’Industrie et de la Technologie :

« Nous laisserons notre empreinte sur un événement à la hauteur de notre pays, qui annoncera au monde l’essor de la Turquie dans les sciences et technologies spatiales à travers le Programme spatial national mis en œuvre sous la direction de notre président, Son Excellence Recep Tayyip Erdogan, et qui garantira que les efforts spatiaux servent l’avenir commun de l’humanité. »

Cet événement n’a pas échappé non plus au président de l’Agence spatiale turque (TUA), Yusuf Kirac, qui de son côté a déclaré que « l’événement réunirait plus de 10.000 professionnels du secteur spatial en Türkiye, marquant ainsi un tournant historique pour la vision spatiale du pays. »

Ce choix d’Antalya pour ce 77ème ‘’International Astronautical Congress’’ est aussi pour la Turquie son entrée dans le club des nations spatiales et ce n’est que justice.

En effet, dès février 2021 et pour rattraper un certain retard ( ce n’est qu’en 1993 que les activités spatiales de la Turquie ont été inscrites pour la première fois à l’agenda gouvernemental) les autorités turques ont lancé un programme spatial à ‘’horizon 2030’’ visant à la réalisation d’objectifs ambitieux allant de la météorologie à l’observation astronomique, en passant par le développement de satellites et la
création d’une station spatiale, piloté par l’Agence spatiale turque (TUA crée en 2018).

Rappelons qu’en janvier 2024, la Turquie a envoyé son premier astronaute à bord de la mission Ax‑3 vers l’ISS. Il s’agissait d’Alper Gezeravciun ex-pilote de chasse de 44 ans.

A cette occasion, le ministre de l’Industrie et de la Technologie, Mehmet Fatih Kacir, déclarait « que la mission était une première, mais ce ne sera pas la dernière. Une nouvelle page s’est ouverte dans le domaine des sciences et technologies spatiales pour la Turquie. »

La même année, Türksat 6A, premier satellite de communication “made in Turkey” a été lancé par SpaceX.

Türksat 6A est une plateforme satellitaire de télécommunications nationale, développée par Tübitak Uzay, en s’appuyant sur l’expérience acquise lors des projets Rasat et Göktürk-2, et en collaboration avec ses partenaires Tusas, AselsanS et CTech.

Parmi les projets de l’Agence spatiale turque (TUA) et montrant le dynamisme de la Turquie, citons deux exemples :

– Un atterrisseur sur la lune, AYAP‑1, est prévu pour 2026 par la TUA.

Dans le cadre de son programme lunaire, la TUA prévoit l’envoi d’un premier vaisseau Ayap-1, d’ici à la fin de l’année.

Jouant sur les coopérations internationales, l’Institut turc de recherche en technologies spatiales Tübitak Uzay a signé un contrat avec Thales Alenia Space pour fournir à Ayap-1 un équipement qui permettra d’assurer les liaisons avec la station terrestre et de contrôler le vaisseau.

– La Turquie se prépare également à établir sa propre installation de lancement en construisant un site spatial en Somalie afin de renforcer son indépendance dans l’industrie spatiale

Elle a choisi la Somalie pour son site spatial pour plusieurs raisons, notamment ses conditions météorologiques permettant des lancements tout au long de l’année et la faible densité du trafic aérien et maritime.

Le projet permettra à la Turquie de devenir l’un des pays disposant d’une infrastructure indépendante de lancement de satellites, sous la coordination du ministère turc de l’Industrie et de la Technologie.

Ces deux exemples illustrent parfaitement les propos tenus dès 2020 par Recep Tayyip Erdogan, actant sa volonté de faire de la Turquie une puissance spatiale :

« Les pays qui n’atteignent pas l’espace n’auront pas de voix sur Terre à l’avenir. »

Michel Messager