Pas assez de personnels qualifiés en Outre Mer…


Daniel Gibbs (actuel député de Saint-Barthélemy et Saint-Martin), a récemment fait part, lors d’un colloque avec la FEDOM, des solutions à envisager pour le développement du tourisme en Outre-mer.

Daniel Gibbs« Les outre-mer souffrent d’une réelle pénurie de personnel qualifié ; les territoires ultramarins souffrent tous d’un haut taux de chômage, mais l’absence de formation professionnelle dans le domaine touristique ne permet pas de diminuer le nombre de demandeurs d’emplois » a t-il indiqué.

Ces territoires, selon le député, connaissent également un grave problème de compétitivité : le coût du travail et le temps de travail qui sont de véritables freins à l’économie touristique avec un chiffre d’affaire inférieur de 33 % par rapport à celui de l’Hexagone et des territoires voisins en redoutables concurrents non soumis au même droit du travail.

Il a également évoqué la forte saisonnalité, l’insuffisance de l’aide à la rénovation, la forte influence médiatique sur les territoires et les images négatives véhiculées.

« En 2013, la France a attiré 84,7 millions de touristes uniquement dans l’Hexagone, ce qui correspond à 1,3 touriste/habitant. Dans les outre-mer, le rapport est plus faible puisque on comptabilise 0.9 touriste/habitant. Le tourisme dans l’Hexagone apporte ainsi 7,2 % du PIB, soit 145 milliards d’euros. Dans les outre-mer, le tourisme est la pierre angulaire de l’économie mais il s’essouffle dangereusement puisqu’il n’apporte plus la manne nécessaire au développement de chacun de ces territoires« .

Yann de Prince, President du Medef La ReunionYann de Prince, Président du Medef de la Réunion (photo), a quand à lui proposé des axes de réflexions pour encourager la politique touristique des outre-mer et notamment le foncier (le foncier des collectivités et de l’Etat n’est pas accessible aujourd’hui.

Pourtant, ces terrains devraient être mis à disposition pour permettre aux entrepreneurs d’investir), la pérennisation de la Lodeom ainsi que la révision de CICE dont la révision et l’adaptation de ce dispositif aux territoires d’outre-mer encourageraient les investisseurs, les rentiers mais aussi les retraités qui, aujourd’hui, sont davantage inciter à investir à l’île Maurice voisine.

Les territoires ultramarins sont donc condamnés à vivre au crochet de la France et de l’Europe si les décideurs locaux ne mettent pas en place une stratégie de développement économique et touristique à long terme.

En effet, le système actuel est sophistiqué et coûteux pour l’Hexagone, mais il est encore plus difficile à mettre en place et inadapté pour les outre-mer en raison de leurs handicaps structurels.

« Les outre-mer souffrent d’un taux de chômage 4 fois plus élevé que celui de l’Hexagone et d’une crise sociale qu’on ne peut nier. Aujourd’hui, on peut déplorer qu’il n’y ait à ce jour toujours pas de politique de développement à la hauteur des enjeux  » a conclu Daniel Gibbs.





    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Sur le même sujet

Le salon ITB Berlin : un 60ème anniversaire forcement perturbé

Le salon ITB Berlin : un 60ème anniversaire forcement perturbé

2589 vues
4 mars 2026 0

Sous un magnifique soleil de printemps le plus grand salon professionnel du tourisme au...

Quand les régulateurs en font trop

Quand les régulateurs en font trop

2841 vues
3 mars 2026 0

Surprise, la semaine dernière, la Cour de Justice de l’Union Européenne à condamné en...

Tourisme en danger au Moyen Orient : jusqu’ou s’arrêteront-ils ?

Tourisme en danger au Moyen Orient : jusqu’ou s’arrêteront-ils ?

5531 vues
2 mars 2026 0

L’escalade des tensions militaires impliquant Israël, les Etats-Unis et l’Iran en ce début d’année...