Pourquoi elles rejettent le wifi d’Elon Musk ?
3 février 2026 Rédaction Aucun commentaire À la une Delta Air Lines, Elon Musk, Etats Unis, Kenton Jarvis, Starlink, United Arlines, wifi en vol 3292 vues
Si l’enthousiasme pour la connectivité ultra-rapide semble gagner les majors du ciel, un vent de prudence souffle néanmoins sur le segment du low-cost où les compagnies aériennes affichent une méfiance croissante envers les solutions d’Elon Musk, préférant attendre des alternatives plus compétitives.
Kenton Jarvis, le PDG d’EasyJet, a notamment récemment jeté un froid sur les ambitions de Starlink en révélant que malgré des négociations avancées pour combler le manque de communication à bord, la compagnie orange a finalement rejeté le contrat car, selon ses termes, « les chiffres ne sont pas bons » et l’investissement n’est tout simplement pas « financièrement viable » pour un transporteur dont la rentabilité se joue au centime près.
Cette décision souligne un bras de fer économique majeur : les opérateurs à bas prix refusent de s’engager dans un modèle aux coûts fixes élevés alors que le marché de l’internet par satellite est en pleine mutation avec l’arrivée de concurrents capables de proposer des structures tarifaires plus souples.
Au-delà du prix de l’abonnement, c’est l’aspect technique qui fâche, notamment la traînée aérodynamique provoquée par l’installation de l’antenne sur le fuselage ; un frottement qui génère une consommation de carburant supplémentaire non négligeable.
Si Elon Musk a fini par reconnaître cette hausse de consommation tout en tentant de la minimiser, elle reste un obstacle de taille pour Jarvis qui refuse toute augmentation des coûts d’exploitation dans un contexte de pression écologique et inflationniste.
En déclarant que « le moment venu, nous choisirons le service qui nous convient le mieux », le patron d’EasyJet mise sur une guerre des prix entre les fournisseurs de constellations LEO (Low Earth Orbit) pour intégrer le Wi-Fi uniquement lorsqu’il sera économiquement compatible avec son modèle de croissance, prouvant que dans le ciel du low-cost, la connectivité ne passera jamais avant la rigueur budgétaire.
Indispensable désormais
La bataille pour la domination du ciel ne se joue plus seulement sur le confort des sièges ou la qualité des repas, mais sur la capacité à offrir une connexion internet digne de la fibre optique en plein vol, opposant radicalement le choix technologique de United Airlines (Starlink) aux solutions conventionnelles de Delta et American Airlines (Viasat/Intelsat).
L’avantage majeur de Starlink repose sur sa constellation de satellites en orbite terrestre basse (LEO), situés à environ 550 km de la Terre, là où les fournisseurs classiques comme Viasat utilisent des satellites géostationnaires (GEO) positionnés à plus de 35 000 km.
Cette différence de distance colossale se traduit par une latence spectaculairement réduite : là où un passager sur Delta ou American Airlines subit un délai de 600 à 800 millisecondes (rendant le jeu en ligne ou les appels vidéo quasi impossibles), l’utilisateur de United bénéficie d’une latence inférieure à 30-50 millisecondes, identique à celle d’une connexion domestique.
En termes de débit, Starlink offre jusqu’à 220 Mbps par avion, une bande passante qui ne s’effondre pas lorsque 300 passagers se connectent simultanément, contrairement aux systèmes GEO où la capacité est souvent partagée entre plusieurs appareils survolant la même zone géographique.
De plus, la couverture de Starlink est véritablement mondiale, incluant les zones polaires et les vastes étendues océaniques souvent délaissées par les satellites classiques, garantissant ainsi une continuité de service sur les vols ultra-long-courriers.
Si Delta a pris de l’avance en généralisant la gratuité du Wi-Fi pour les membres SkyMiles, la supériorité technique de United réside dans l’infrastructure de SpaceX qui permet non seulement le streaming 4K, mais aussi le travail collaboratif en temps réel sans aucune coupure, reléguant le Wi-Fi « classique » au rang de service de dépannage pour emails et navigation simple.
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