Rapatriements guerre du Golfe : Le SETO à Tétouan débat sur la facture salée et la co-responsabilité
30 mars 2026 Rédaction Aucun commentaire Production Leclerc Voyages, Maroc, Patrice Caradec, selectour, SETO, Tetouan, Tourcom 2758 vues
Le Forum du SETO, qui s’est tenu de mercredi à vendredi dernier à Tétouan au Maroc, a été le théâtre d’échanges vifs et cruciaux concernant le coût exorbitant des rapatriements de Français bloqués à l’étranger, notamment aux Maldives, au Sri Lanka et en Thaïlande.
Le constat est amer pour les professionnels du tourisme : alors que le Quai d’Orsay a affrété des vols spéciaux pour secourir des compatriotes ayant majoritairement réservé via des plateformes américaines comme Airbnb ou Booking.com — lesquelles ne s’acquittent pas d’impôts en France — les tarifs pratiqués ont atteint des sommets jugés déraisonnables, oscillant entre 3 000 et 4 000 euros le billet.
Patrice Caradec, Président du Syndicat des Entreprises du Tour-Operating (SETO), a fustigé cette envolée des prix, estimant que l’État aurait dû imposer des tarifs régulés entre 500 et 700 euros.
Parallèlement, les tour-opérateurs français ont dû financer leurs propres affrètements pour sécuriser le retour de leurs clients, souvent passés par de grands réseaux de distribution nationaux tels que Selectour, Tourcom ou Leclerc Voyages.
Cette situation a soulevé une question de fond à Tétouan : celle du partage de la charge financière, les producteurs s’étonnant que ces coûts massifs, estimés à plus de six millions d’euros, ne soient pas répartis à parts égales avec les distributeurs.
La problématique est accentuée par une spécificité française où le paiement du fournisseur par l’agence intervient souvent 60 à 90 jours après le retour du voyageur, fragilisant la trésorerie des voyagistes qui « dépensent souvent sans compter » dans l’urgence.
Face au manque de clarté du Code du tourisme sur la notion de co-responsabilité, qui laisse place à des interprétations divergentes en cas de force majeure, Patrice Caradec a officiellement annoncé vouloir remettre ce dossier sur la table pour clarifier les obligations de chaque acteur de la chaîne.
Ce chantier juridique selon de très nombreux observateurs s’annonce comme l’un des plus importants de la mandature 2026, visant à protéger la pérennité du modèle économique des tour-opérateurs français face aux crises internationales de plus en plus fréquentes.
PR depuis Tetouan
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