Souveraineté maritime : La Chine veut des croisières 100 % made in China
10 avril 2026 Rédaction Aucun commentaire À la une Adora Magic City, Chen Gang, China State Shipbuilding Corporation, China Tourism Group, Croisières, CSSC, pekin 2658 vues
Dans une offensive stratégique sans précédent, les autorités chinoises ont officialisé un calendrier rigoureux visant à nationaliser la quasi-totalité de la chaîne d’approvisionnement des navires de croisière, un secteur jusqu’ici dominé par l’expertise européenne.
Chen Gang, président de Shanghai Waigaoqiao Shipbuilding (SWS) et concepteur en chef du programme, a fixé un objectif ambitieux : s’approvisionner à plus de 80 % auprès d’entreprises chinoises d’ici 2035.
Cet effort délibéré vise à remplacer les fournisseurs étrangers pour des composants critiques allant des systèmes de propulsion et de navigation aux aménagements intérieurs de luxe et composants d’ingénierie marine.
La construction d’un géant des mers est un défi industriel colossal nécessitant l’intervention de milliers de sous-traitants spécialisés ; si les premiers navires comme l’Adora Magic City reposaient massivement sur des technologies importées, la tendance s’inverse déjà.
Le deuxième paquebot, l’Adora Flora City, a récemment marqué une progression de 5 % de son intégration locale.
L’approche se veut progressive : la Chine cible un taux d’intégration de 50 % d’ici 2030 pour son troisième navire, avant d’atteindre le seuil de souveraineté de 80 % cinq ans plus tard.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie industrielle globale visant à hisser les chantiers navals de la China State Shipbuilding Corporation (CSSC) au même niveau de compétitivité que leurs homologues européens.
Pour soutenir cette montée en puissance, un accord historique a été signé le 20 mars 2026 entre CSSC et China Tourism Group pour la construction de deux nouveaux navires, offrant ainsi le volume de commandes nécessaire pour qualifier et industrialiser à grande échelle les fournisseurs nationaux.
En verrouillant ainsi son marché intérieur, Pékin ne cherche pas seulement à réduire ses coûts, mais à s’imposer comme le futur leader mondial de la construction de croisière, capable de livrer des palais flottants « 100 % Made in China« .
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